Rédigé le samedi 03 février 2007 dans Curiosité & Insolite, Khajuharo | Lien permanent | Commentaires (13) | TrackBack (0)
Rédigé le vendredi 09 février 2007 dans Arts & Culture, Curiosité & Insolite, Khajuharo | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)
SUIVEZ MON NOUVEAU VOYAGE EN INDE SUR :
Deux types de manifestations rythment la vie sociale des indiens permettant enfin aux deux sexes de se cotoyer : les nombreuses fetes religieuses que comptent les calendriers hindous, musulmans, jains, bouddhistes, sikhs ou chretiens et les mariages. Actuellement, la periode est justement propice a ces derniers.
En Inde, le mariage constitue un evenement majeur qui se prepare plusieurs annees avant la date et meme si les "mariages d'amour" sont en croissance, la majorite des mariages restent arranges.
Plusieurs parametres sont alors serieusement etudies, analyses, synthetises avant d'etre soumis par les parents de la jeune fille a l'avis de la famille, des amis, des connaissances, de genealogistes, de pretres et d'astrologues pour proclamer qu'un garcon et une fille sont destines a devenir mari et femme.
La religion mais aussi la caste, la sous-caste, le statut social, l'age, la langue (18 langues sont parlees en Inde) ainsi que les astres sont autant d'elements pris en consideration pour etablir une short list des maris potentiels. L'influence de Mars est, par exemple, essentielle : les poisseux nes sous l'influence de cette planete, les manglik, doivent epouser un/une manglik pour une meilleure harmonie... Mon jeune ami Dinesh de Khajuraho m'a confie, qu'a sa naissance, des astrologues ont ecrit son theme astral dans un grand livre : il est aujourd'hui persuade que ce grand livre contient son destin.
Selon la loi indienne, toute discrimination basee sur la religion ou la caste est illegale mais en pratique, la plupart des gens respectent ce systeme des castes. Il en existe 4 divisees en milliers de sous-castes (par exemple, mon filleul -brahmane- se fait appeler Amit Pathak : Pathak n'est pas le nom de son pere mais le nom de sa sous-caste : fermier). Par "ordre d'importance" :
- Les brahmanes - pretres : nes de la bouche de Brahma
- Les kshatriya - guerriers et aristocrates : issus de ses bras
- Les vaishya - commercants : issus de ses bras
- Les sudra - tous les autres : issus des pieds de Brahma
En bas de l'echelle sociale se trouvent les dalit (autrefois appeles intouchables et nommes aujourd'hui officiellement "castes repertoriees") sont encore relegues aux taches les plus ingrates dans l'indifference l'acceptation generale.
Dans les milieux urbains, la categorie socio-professionnelle tend a se substituer au systeme des castes pourtant primordial pour la population rurale (75% des indiens). Une nouvelle "caste" convoitee voit donc le jour : les Nouveaux Riches Indiens composee notamment des emigres.
Si un garcon ou une fille decide d'epouser quelqu'un d'une autre caste, la famille risque d'etre mise au ban de la societe, ce qui peut s'averer catastrophique au sein d'un milieu rural.
Pour resumer, c'est a la famille de la jeune fille d'user de son reseau (a defaut mettre une petite annonce dans le journal du dimanche) pour trouver la perle avant de payer la dot au tarif exhorbitant de 500 000 roupies - un peu moins de 10 000 euros !!!). Autant vous dire que la majorite des familles s'endettent (parfois a vie), que les fils uniques ont de lourdes responsabilites et travaillent d'arrache-pieds pour leurs soeurs (pour qui il est plus que preferable de convoler avant l'age de 26 ans ; les hommes ont un delai suppplementaire : 28 ans est une limite acceptable) et que les avortements sont legions... Evidemment, je ne me tenterais pas de dire que cet argent serait mieux employe s'il servait a financer des etudes...
J'ai cru deviner que les jeunes filles ont souvent la possibilite de choisir entre plusieurs pretendants legerement plus ages qu'elles pour favoriser l'esperance de vie du couple et amoindrir leurs "chances" de devenir veuves precocement (statut economique et social peu enviable...). Par ailleurs, le taux de mortalite des femmes est si eleve en Inde (accouchements, sterilisations et avortements souvent faits a l'arrache...) que la pyramide des ages n'est pas comparable a la notre... Sinon, parfois mais non systematiquement, les futurs maries ont l'occasion de se rencontrer pour faire legerement connaissance avant la date de la ceremonie mais toujours en compagnie d'un chaperon.

Bref ! Le jour du mariage, le jeune homme, qui porte un achkan, une longue veste a col d'officier, arrive en grande pompe a la maison de ses futurs beaux-parents ou se deroulera la ceremonie, sur une jument blanche richement carapaconee de brocards aux fils d'or, tel un prince charmant. La procession est
generalement accompagnee d'une fanfare cacaphonique. La famille et les amis du jeune homme dansent tout le long du chemin. C'est ainsi, qu'a Pushkar, je me suis initiee a la danse indienne avec le baraat (l'entourage nuptial). Un grand moment !
Rédigé le samedi 10 février 2007 dans Curiosité & Insolite, Fêtes & Festivals, Religion & Spiritualité, Us & Coutumes | Lien permanent | Commentaires (19) | TrackBack (0)
Rédigé le mercredi 07 mars 2007 dans Chroniques du quotidien, Curiosité & Insolite, Kolkata, Religion & Spiritualité, Une ville, 5 sens | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
SUIVEZ MON NOUVEAU VOYAGE EN INDE SUR :
Je revais de jungle, de climat tropical, de pirogues, de villages de pecheurs, de campagne indienne... Mon voeu s'est exauce dans les Sunderbans (voir carte ci-contre).
C'etait humide (plus de 95%) et assez inhospitalier (au coucher du soleil, les moustiques transmetteurs de paludisme attaquaient et les tigres rodaient). Ni PQ ni cafe, produits essentiels devenus dispensables pour la touriste que je suis (bon, j'ai quand meme trouve des serviettes en papier, hein !). Electricite rarissime (en fait, seul mon hotel possedait un generateur qui etait alimente de 18h a 20h). English spoken inexistant (exception faite d'un guide et d'un homme de Kolkata en visite chez sa belle-famille).
Le Lonely Planet previent qu'il est difficile et couteux de se rendre en individuel dans la Sunderbans Tiger Reserve sans beaucoup plus d'informations mais je revais tellement d'y aller que je me suis lancee dans cette expedition aleatoire en me disant que si j'echouais, je ne perdrais que du temps...
Meme si completement surrealiste, le trajet de Kolkata aurait pu suffire a me ravir... 3 heures de bus cercueil roulant ou peu a peu, les faubourgs bruyants et pollues de la metropole bengale ont laisse place aux rizieres verdoyantes des Sunderbans, suivies d'une heure de "ferry boat" sur l'un des bras du Gange puis d'une heure de cyclo-pousse collectif (4 personnes sur une planche de bois fixee a un antique velo) traversant des hameaux aux huttes de terre cuite et toit de chaume au milieu de veaux, vaches et moutons, sur des chemins bordes de palmiers.
Je vous passe les considerations pratiques pour trouver un hotel, de la nourriture et un bateau pour moi toute seule* et vous invite juste a vous imaginer naviguer shanti, shanti (tranquille, tranquille...), dans une immense mangrove (inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987), achetant du poisson, de pirogue a pirogue, aupres de pecheurs croises sur les rivieres et en esperant apercevoir un tigre royal du Bengale traverser a la nage une riviere ou devorer une gazelle (hum...) au coeur d'une jungle luxuriante.
Je n'ai vu aucun de ces mythiques felins, bien que cette reserve soit l'habitat de l'une des plus importantes populations de tigres au monde ; au dernier recensement, en 2004, 249 etaient denombres au sein du Tiger Project (25 en dehors).
Le jour precedant mon arrivee, des touristes avaient eu la chance d'observer un couple. Par ailleurs, les gardes forestiers venaient de constater que quelques tigres se rapprochaient dangereusement des villages alors la decision a ete prise la veille de mon excursion d'envoyer deux detonations afin de faire fuir les tigres menacants... au dam des touristes (unlucky), au bonheur des locaux... Ces mesures de protection, parmi d'autres, ont pour but de faire chuter le nombre de morts attribuees aux tigres, passees de 200 a 34 par an.
De tout facon, ma curiosite etait plus piquee par la vie des villageois que par les mouvements des tigres (pourquoi leur foutent-ils pas un GPS !?).
Rédigé le mardi 13 mars 2007 dans Bengale Occidental, Chroniques du quotidien, Curiosité & Insolite, Portraits d'indiens, Us & Coutumes | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)