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Tempete de neige et pluies diluviennes ont eu raison du systeme eclectrique de Darjeeling et par consequent, de mon assuidite a vous tenir informes de mes peregrinations... Toute l'Inde du Nord connait actuellement des intemperies. Je commence a rever des plages du sud voire des Iles Andaman...
Une semaine a Varanasi (ex-Benares dont je vous parlerai dans la prochaine note) a attendre que le soleil degage la vue sur le Gange et que les activites normales reprennent leurs cours sur les ghats... Losar (le nouvel an tibetain) approchant, j'ai alors prefere mettre le cap sur le Nord du Bengale Occidental, plus precisement a Darjeeling (oui, oui, le the, c'est ici !) avant de rejoindre mon pote tibetain dans le Sikkim. Je ne savais pas qu'un periple infernal de plus de 24 heures allait m'attendre...
Mon train partant de Mughal Sarai (a 12km de Varanasi) a 21h20, je me renseigne, a 20 heures, aupres des types de ma guest house, pour connaitre le meilleur moyen d'acceder a cette gare ferroviaire. Affoles, ils m'expliquent que c'est fichu, que j'ai rate mon train (Ah bon ? Faut plus d'une heure pour parcourir 12 km !?), insinuent que je suis totalement stupide de ne m'en preoccuper que maintenant (je dinais pour la derniere fois avec ma pote argentine, Vanessa ...) et me proposent de m'accompagner avec la voiture de l'un deux. Waouh ! Quelle gentillesse ces indiens ! Je m'empresse d'accepter et de preciser que bien entendu je regle l'essence et dedommage le conducteur. Narquois, ils me retorquent que ce "service" a un tarif : 500 roupies ! Le budget d'une journee ! Furieuse, je saisis mon paquetage et sans meme un regard pour ces vautours, m'en vais dans la nuit, pieds mollets dans la boue, a la recherche d'une solution d'un sauveur...
Evidemment, j'attire l'attention des cyclo-pousse : j'en profite pour leur demander ou sont passes les autorickshaws qui polluent et pulullent habituellement... Ouh la la, je sens, dans leur regard, que cette simple requete resonne pour eux differemment... Je cherche la complexite... Qu'ai-je manque cette fois-ci ? Apres quelques instants de flottements, la realite reprend le dessus : ils comprennent bien l'urgence de la situation et... me demandent le triple du prix habituel d'une course... juste pour m'emmener a un autorickshaw ! Pour une des rares fois depuis le debut de mon voyage, je pete un cable et me met a hurler et a proferer des jurons en francais !!! Un attroupement que je devine a peine se forme...Je dois leur faire peur parce que l'un deux de me fait signe de grimper sur son tricycle. Je me calme et decide de lui faire confiance... Vlan ! Une flaque d'eau... Bing ! Un trou dans la "chaussee"... La route est parsemee d'obstacles : qu'est-ce qu'ils ont tous a se marier ce soir et a encombrer les routes avec leurs cacophoniques fanfares !? Ah non, ceux-la, transportent un cadavre en direction du ghat des cremations... Mais, pourquoi ils rigolent ? Il est pas mort !? L'autre pedale toujours en direction d'un lieu inconnu... Mais, ce n'est pas un autorickshaw, la !? Stop ! Un autorickshaw est un triporteur bruyant, avec une place devant et deux derriere, dote d'un moteur de scooter ou de 2CV (en vrai, j'en sais rien... tout ce que je peux vous dire, c'est que meme si vous ressentez une impression de vitesse parce qu'il n'y a pas de portieres -juste une capote en toile qui protege ni du vent, du froid et/ou de la pluie-, ce truc doit plafonner a 30 km/h et encore je suis optimiste...). Bref ! Apres une breve discussion, j'accepte de ceder 250 roupies (le prix de mon billet de train...). Transvasage de mon paquetage. Vroum ! En route ! C'est a ce moment qu'il se remet a tomber des giboulees (j'comprends rien... la mousson, c'est pas dans 4 mois ?). Nous sortons des embouteillages, empruntons des ruelles sombres cause enieme coupure d'electricite puis nous accedons a un etroit pont suspendu (interminable, il me laisse tout le temps de me demander si c'est holy de se noyer dans le Gange...). Des pistes boueuses (ils refont la route)... Bang ! Le trimachin s'embourbe ! Plus le chauffeur accelere, plus une epaisse fumee noire se degage du pot d'echappement, plus je me dis que j'ai definitivement rate le train... Alors, en grand gentleman, le chauffeur me demande de descendre pour alleger son engin et fonce en avant, m'eclaboussant au passage... A moi, de le rejoindre 50 metres plus loin... La gadoue, la gadoule, la gadoue de Serge Gainsbourg, je fredonnne en tentant de ne pas perdre une tong. Re-vroum ! Nous, voila, repartis. 10 minutes plus tard, petite pause pour Monsieur qui s'achete une cigarette : je lui communique mon stress ou quoi !? Nous arrivons enfin peniblement a Mughal Sarai a 21h24 ! Pas de monnaie ! Il encaisse 300 roupies au lieu des 250 negocies... Je cours !



